Je suis un "maître à penser", et je ne "crache pas dans la soupe".
Simplement, pour avoir galéré suffisamment longtemps sans même savoir ce que je recherchais vraiment, ni si je cherchais vraiment quelque chose, ni si ce que je cherchais était à ma portée,
je sais pertinemment que beaucoup de personnes sont dans une situation, où les enseignements préconisés ne peuvent pas se réaliser de la même manière que pour d'autres
personnes.
On a le sentiment d'errrer,
on sait qu'on a un but...
On se sent contrarié...
Rien ne se passe comme on l'a préparé...
On se sent perdu
on est insatisfait...
Et, partout, on nous dit que notre insatisfaction
génère toutes ces situations
que nous ne pouvons plus supporter...
Quand on erre, on ignore généralement qu'on erre. Par contre, on sait qu'on n'est pas encore arrivé...
On en a cruellement conscience, à cause de toutes les petites contrariétés, dont on sait - ou croit savoir - qu'on est supposé les maîtriser...
Et, comme si cela ne suffisait pas, on rencontre généralement des gens qui ont leur opinion, et qui ne peuvent pas se retenir de la communiquer...
Les rares fois où on se sent le courage de se confier à quelqu'un, on tombe sur ceux qui ont besoin de donner des leçons, des conseils pour nous aider à nous améliorer...
Les conseils d'amélioration que les différentes personnes nous proposent, souvent sans qu'on les leur ait demandés, sont gnéralement de ceux qui ne s'appliquent pas pour nous-mêmes...
Malheureusement, si nous le savons pertinemment, ne fut-ce que pour nous y être déjà essayés sans succès, les autres peuvent ignorer ce fait...
Cela les contrarie qu'on ne leur réponde pas "oui, tu as raison, je vais m'y efforcer". Ils ne supportent pas, eux non plus, les contrariétés...
Devant notre refus d'admettre qu'ils ont raison, ils n'entendent et ne voient que notre mauvaise foi à ne pas suivre leur recommandation, mais ils refusent d'entendre nos arguments, de sorte
qu'au lieu d'apprendre que nous avons déjà essayé leur "petit truc" sans qu'il nous apporte une solution, ils peuvent conserver dans leur mémoire que nous en sommes à l'un des tout
premiers stades de notre évolution, puisqu'ils constatent que nous n'avons même pas encore essayé ce qui leur est déjà apparu comme la solution...
Ils ne songent évidemment pas vraiment au mot "évolution". L'évolution n'est pas ce qui leur vient à l'esprit, non, ils pensent à notre maturité, à
l'éducation très imparfaite qu'ils peuvent déceler chez nous, à notre incapacité à gérer notre vie selon leur conception...
Quant à nous, nous aurons une petite contrariété insignifiante de plus, sous peu, lorsqu'ils se prendront au sérieux dans leur rôle, dans leur fonction de nous éduquer...
Ils sont innombrables à vouloir s'y essayer, comme si leur devoir de citoyen était d'instruire ceux dont ils estiment qu'ils ont beaucoup à apprendre d'eux...
Ils sont lourds, ils sont pénibles, ils insistent, et on n'arrive que rarement à se débarrasser d'eux sans qu'ils en gardent une rancune...
Mais comment peut-on s'y retrouver ?
Pour être "rationnel", il nous faut rationner...
Comment voulons-nous faire confiance à nos opinions, si nos opinions sont, de manière générale, classées comme des signes de la plus profonde déraison ?
Comment pourrait-on avoir confiance en soi-même et en ses propres raisonnements, lorsqu'on n'entend que des critiques sur ce qu'on propose comme arguments...?
Comment parviendrait-on à se trouver mieux informé que le commun des mortels, lorsque le fait de se trouver, à soi-même, une once d'intelligence équivaut presque à un péché mortel...???
On est critiqué, qu'on ait commis ou non des fautes, on est même critiqué sur le fait qu'on n'est jamais d'accord avec les autres...
Ceux qui accusent ne laissent généralement pas même s'exprimer ceux qui ne cherchent qu'à se défendre...
C'est la triste vérité de notre monde actuel... !
Ceux qui écoutent mémorisent généralement surtout les paroles qu'ils ont le mieux entendues...
Nous vivons tous en démocratie, et ce "principe" entre de plus en plus dans nos convictions...
De plus en plus, il semble acquis qu'une majorité ait forcément raison contre une minorité.
Or, nous parlons de votes qui ne sont, après tout, rien d'autre que des votes d'opinion, des opinions sur notre personnalité, nos
convictions, même sur notre vie privée...
Ces votes entrent, par l'existence d'une majorité écrasante, de plus en plus dans les moeurs, et pour conséquence, également dans nos vies individuelles, comme autant d'obligations et de
limitations...!
Pour éviter ces critiques, nous tentons de nous adapter à des exigences majoritairement prononcées, mais dont le fondement nous échappe, parce que l'un des "principes" qui nous sont enseignés,
nous enseigne que nous ne devons pas nous poser trop de questions...
Le temps de nous les poser ne nous est même plus laissé... !
Alors nous nous conformons pour nous éviter les blessures que nous rapportent les mécontentements auxquels donne lieu notre comportement autant que nos activités ou nos opinions...
La liberté et la vie privée ne sont plus ce qu'elles étaient, et lorsqu'on regarde à l'intérieur de soi-même, qu'on consulte globalement sa mémoire pour un regard en arrière, on s'aperçoit
qu'elles n'ont d'ailleurs jamais été ce qu'on en espérait...
J'ai eu cette sorte de désespoir, même si je me gardais bien de jeter un regard trop consciencieux sur mon passé.
J'ai eu de ces instants, où l'on se demande : "mais ça sert à quoi de venir au monde, si c'est uniquement pour devoir y souffrir, se soumettre à des obligations, et vivre des contrariétés à n'en
plus finir... ?".
Je n'étais pourtant pas quelqu'un de triste ni de désespéré. Je ne déprimais pas, je me maîtrisais. Je faisais également tout ce que je
pouvais pour maîtriser toutes mes obligations, mais il arrivait toujours un point où il me manquait l'énergie nécessaire pour poursuire...
J'étais épuisée, fatiguée, comme fatiguée de la vie, alors que j'étais encore si jeune...
Je ne comprenais pas pourquoi de telles "phases" m'arrivaient...
Lorsque j'étais découragée ainsi, je m'adonnais à une occupation qui était mon grand secret : Depuis l'âge de onze ans et demi, j'écrivais...
Ce roman avait la particularité de toujours me remonter le moral, de me redonner courage, de me donner l'envie de poursuivre, de me battre à nouveau, toujours et encore, et recommencer, à chaque
fois que j'étais "tombée"...
Mais j'aimais également lire, et j'avais une grande passion pour les stylos à plume. J'en avais toute une collection, et je m'en servais, je les soignais, je veillais à ce qu'aucun ne demeure
jamais trop longtemps sans écrire, au moins quelques lignes, afin qu'ils ne se bouchent pas. Je les lavais soigneusement au moins deux ou trois fois par an et, pour les faire écrire, j'écrivais
une poésie merveilleuse, dont j'ignorais alors ce qu'elle était vraiment...
All that is gold does not glitter
Not all those who wander are lost
The old that is strong does not wither
Deep roolt are not eached by the frost
From the ashes a fire shall be woken
A light from the shadows shall spring
Renewed shall be blade that was broken
The crownless again shall be King.
(Tolkien en V.O.)
J'écrivais ces vers avec chacun de mes stylos, lorsque je prenais du temps pour eux, c'est dire que je les ai écrits souvent...Durant huit ans, j'ai dû le faire en moyenne une fois par mois,
avec un nombre toujours croissant de plumes, au point que j'en arrivais à ne plus écrire que deux vers avec chaque stylo...
C'étaient aussi d'excellents instants, où j'oubliais toutes les complications de mon existence, et également le fait que tout le monde me répétait que ce n'était pas mon existence qui étatit
compliquée, mais moi-même, à l'intérieur de ma personnalité...
Ceux qui connaissent cette sorte de situation le savent : Au milieu de toute cette contrariété, il se trouve souvent l'une ou l'autre personne voulant nous aider, nous proposant le moyen qui lui
permet, à elle, de vraiment gérer son stress...
Sachant que cela lui a fait le plus
grand bien, cette personne ne peut s'empêcher d'insister pour que nous suivions la même voie qu'elle...
Or les voies sont nombreuses pour atteindre un mieux-être, mais elles ne
sont pas toutes compatibles avec toutes les situations...
Au milieu de toute cette contrariété, il se trouve souvent l'une ou l'autre personne voulant nous aider, nous proposant le moyen qui lui
permet, à elle, de gérer son stress...
Sachant que cela lui a fait le plus grand bien, cette personne ne peut s'empêcher d'insister pour que nous suivions la même voie qu'elle...
Or les voies sont nombreuses pour atteindre un mieux-être, mais elles ne sont pas toutes compatibles avec toutes les personnes, ni avec toutes les
situations...
Un enseignement est, par exemple: "Il faut méditer."
Un enseignement est, par exemple: "Il faut méditer."
Le mot "méditer" signifie "réfléchir", dans l'absolu, mais lorsqu'on nous invite à méditer, on sent bien qu'il ne s'agit pas tout simplement de s'asseoir en lotus et de commencer à
réfléchir.
Pour réfléchir, on n'a pas besoin de la position du lotus, ni n'a-t-on besoin de s'arrêter de vaquer à ses occupations pour arriver à méditer certains problèmes non encore résolus...
La difficulté est donc de trouver comment méditer, lorsqu'il s'agit d'une voie vers la paix intérieure...
On demande gentiment un mode d'emploi, imaginant qu'on recevrait une réponse avec laquelle on pourrait vraiment faire quelque chose, et on entend doctement répondre : "Méditer, c'est ne
penser à rien"...
Mais, bon sang, quand on a la tête pleine à déborder, au point qu'on réfléchit même lorsqu'on est occupé, on n'arrive plus à ne penser à rien... !
C'est une litanie incessante, où on saute du coq à l'âne et où on garde le contrôle de tout, mais il manque quelque chose : Le bouton pour tout arrêter de temps à autre.
Ce bouton n'existe pas dans notre mode de vie, ne le cherchez pas.
Et les conseils qu'on nous livre généreusement pour nous élever ne riment qu'à une seule chose, finalement :
À nous imposer l'obligation de nous faire violence à nous-mêmes, afin de satisfaire ce que notre mode de vie attend de nous, et sans que personne ne se demande si cela nous convient ou
même si c'est vraiment bon pour nous...
Il serait temps que nous comprenions que nous ne sommes de loin pas illimités, ni en force, ni en capacités, ni en quoi que ce soit d'autre
d'ailleurs.
Nous devons également comprendre que tout
Nous devons également comprendre que tout
s'installe lentement, progressivement, et
que nous ne nous apercevons pas le moins du monde
de ces changements lents et progressifs,
qui nous inspirent chaque jour un nouveau départ,
mais à partir des conditions de la veille...
Or, la veille, nous étions déjà différents de l'avant-veille,
et la différence est immonde quand on "n'a plus vingt ans",
et qu'on doit retourner en enfance pour comprendre que
le mal qu'on a fait reposait exclusivement sur le mal
qu'on a vu ou subi.
Et quand on n'a jamais fait de mal à personne,
on souffre de découvrir qu'on est beaucoup moins méchant
que ce qu'on croyait soi-même...!
Voilà une des vérités absolues sur la violence dans notre société.
Les chercheurs, en Amérique, font de grandes enquêtes pour comprendre pourquoi on dirait que "la violence est contagieuse".
Mais nous le savons parfaitement, individuellement !
Tous, nous le savons, mais tous, nous le refoulons...
... parce que nous nous croyons incapables de renouer le fil
avec le temps où nous avons appris la violence...
... parce que nous avons peur de contrevenir à certaines
règles apprises, mais non fondées...
... parce que nous croyons que "ce n'est pas du tout la même chose"
entre notre enfance, et notre personnalité d'adulte...
... parce que nous oublions le plus souvent
qu'à un bout comme à l'autre
la même personne
porte la même âme
et la meurtrit
chaque jour un peu plus
pous se soumettre aux exigences sociétales,
qui sont ce par quoi on nous enseigne la violence... !!!
Nous exigeons des enfants qu'ils fassent preuve de patience, mais quand ils en manquent, nous perdons facilement la nôtre...
Nous avons appris que c'est "l'autorité",
mais c'est uniquement
le mauvais exemple... !!!
Une fois adultes, nous devons nous montrer patients, évidemment, mais n'ayant jamais eu même l'ombre d'une chance de
vraiment nous y entraîner autrement que sous la contrainte, nous devons nous faire deux fois plus violence pour y arriver par nous-mêmes, sans le contrôle de notre "superviseur conditionnel".
Ainsi, on tend de plus en plus cette corde qu'est notre patience, et pas uniquement elle, mais notre psychisme tout entier également.
Lundi, nous étions différents de dimanche, mardi, nous sommes différents du lundi, et dans une ou deux semaines, nous ne nous reconnaîtrons plus nous-mêmes dans la description que fait de nous
celui qui ne nous a pas vus depuis quelques mois...
La plupart des enseignements à orientation spirituelle
sont faits pour les Maîtres accomplis, pour qui cela
ne représente aucun problème de demeurer imperturbables
en n'importe quelle situation.
Le Maître possède une "arme",
qui lui permet de "tenir le coup" :
Il pleure quelques larmes,
et il touche avec ses larmes,
plus qu'il ne toucherait avec des coups.
Le fait de vouloir atteindre une perfection qui n'existe que de l'autre côté ne peut que nous décourager
et, à la longue, nous démoraliser.
On en vient à se dire des choses telles que : "Je n'y arriverai jamais, c'est trop dur pour moi", et peu de gens savent à quel point on peut s'influencer soi-même autant que son entourage avec
ça...
Et personne ne nous explique les stades intermédiaires, ceux que nous devrions idéalement traverser et également savoir reconnaître, afin de nous-mêmes comprendre à quel niveau nous en sommes de
notre développement, de notre évolution individuelle...
Car évolution il y a, cela ne fait aucun doute.
Mais le disciple mal instruit ne peut que voir une longue route, sans avoir aucune idée des progrès qu'il a pu faire et ceux qui l'attendent encore, si personne ne l'instruit autrement que par
des enseignements trop abstraits pour qu'il puisse les comprendre...
Il faut dire ce qu'il en est, les personnes qui m'ont fait, à moi-même, cette sorte de recommandations, ne m'ont
jamais donné l'impression qu'elles savaient exactement de quoi elles parlaient.
Mais elles s'en donnaient parfaitement l'air, de sorte que l'ignorante que j'étais ne pouvait que supposer que c'était elle qui pensait mal d'eux...
Le fait est que ceux qui avaient quelque chose à recommander venaient spontanément, sans qu'on les sollicite, et ils insistaient pour qu'on les écoute.
Un Maître ira peut-être vers les gens,
mais il n'insistera jamais si on ne l'écoute pas,
car il voit s'il parle à un coeur ou à un mur...
Ne me parlez pas de tout ce qu'il faut savoir faire pour accéder à la maîtrise en matière de spiritualité.
Tout cela devient facile et doux à comprendre, une fois qu'on s'est réalisé. Et on se réalise très facilement, une fois qu'on a effacé ses Souffrances Universelles, celles que
tout le monde refoule en lui jusqu'à en noircir son âme, celles dont personne ne veut entendre parler, parce que tout le monde prétend que ça fait trop mal, et que certains prétendent même que ce
serait mal élevé d'en parler...
Oui, braves gens, d'en entendre parler, ça leur fait mal.
Quand ils l'infligent, ils ne le sentent pas,
ni dans leurs corps,
ni dans leurs âmes...
Et ils se croient forts et respectables,
mais ils sont lâches
et bêtes à en pleurer...
Et, en fin de compte,
ils n'ont même pas à avoir honte :
Ils ne font que ce qui leur a été enseigné...
Je pleure sur notre Monde...