Que fait un enfant âgé de onze ou douze ans, quand il ne sait pas quoi faire...?
On pense imméciatement à toutes les bêtises qui pourraient en découler, mais, non, imaginez-vous un enfant qui n'en ferait pas...
Une fille, qui s'intéresse davantage à la lecture qu'à des bêtises, une gamine, dont le père est assez strict, et dont la mère ne supporte pas que ses enfants s'ennuient sans être capables de
s'occuper par eux-mêmes...
Imaginez que la mère distribue des travaux ménagers dès qu'elle entend cette phrase détestée "Maman...? J'm'ennuie...".
Imaginez que cette fille, qui ne songe pas à faire des bêtises, et qui aime la lecture plus que tout, ait, en plus, un père pour qui la paresse est à bannir de la vie de tout un chacun, un père
qui associe la lecture à de la paresse, et qui ne lésine pas sur les efforts pour corriger ses enfants quand ils l'ont mérité...
Imaginez ce que pourrait faire cette jeune fille, si ce n'est des bêtises pour s'occuper quand même...
Imaginez qu'elle réfléchisse, qu'elle se concentre sur ce qu'elle aime faire, elle, et dont elle sait que son père ne l'approuvera pas...
Imaginez qu'elle fomente toute une aventure, où elle pourrait faire ce qui lui plaît vraiment, et où son père n'y verrait que du feu et ne pourrait jamais la punir, parce qu'il ne saurait pas
qu'elle désobéit...
Imaginez qu'elle imagine imaginer une histoire, une histoire qu'elle écrirait elle-même, et qu'elle relirait, de manière à ne pas être en train de lire un livre alors qu'elle devrait plutôt
s'occuper de ses devoirs scolaires ou aider sa mère dans le ménage...
Imaginez qu'elle aurait même déjà cette idée derrière la tête, tellement fignolée, tellement complète, qu'elle pourrait se mettre à écrire et immédiatement achever l'histoire, sans avoir levé sa
plume, sans faire même une pause...
Imaginez...
L'excuse qu'elle donnerait à son père, ce serait qu'elle ne fait qu'écrire une rédaction pour l'école...
Même les jours de vacances, elle pourrait faire usage de son astuces.
Elle ne croyait pas que son père serait assez bête pour tomber dans le panneau...
Par contre, elle le croyait capable de la croire, elle, suffisamment bête pour vouloir s'entraîner pour l'école pendant les vacances...
Le mot "école" avait un pouvoir magique sur son père, beaucoup plus que sur elle...
Si elle en croyait ce que son père racontait, elle n'était pas meilleure élève que lui...
Après tout, qu'en savait-elle...?
Son père en parlait si peu...
Quand il en parlait, il racontait surtout les mauvais tours qu'il prétendait avoir joués à ses instituteurs, des tours qui, si elle s'y osait, lui vaudraient sûrement des punitions... des
punitions, pour lesquelles son père la corrigerait à la maison, pour qu'elle apprenne enfin à se conduire convenablement...
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